Stabilisation · Le guide complet
Pourquoi on reprend du poids après un régime (et comment ne plus le reprendre)
Cet article informatif ne remplace pas un avis médical. Toute démarche de perte ou de stabilisation du poids, en particulier en présence d'un traitement, se discute avec un professionnel de santé.
En bref : la reprise de poids après un régime n'est pas un échec de volonté. Elle résulte de mécanismes biologiques précis — le métabolisme qui ralentit, le muscle qui fond, les hormones de la faim qui se dérèglent — amplifiés par la fin de l'accompagnement, le manque de sommeil et le stress. La prévenir ne demande pas un régime de plus, mais une base alimentaire rassasiante et tenable, qui calme ces signaux au lieu de les exciter. Ce guide explique chaque mécanisme, puis donne un plan d'action concret.
Ce n'est pas votre volonté qui a lâché
Vous avez suivi le programme à la lettre. Vous avez perdu vos kilos. Et quelques mois plus tard, ils sont revenus — parfois avec des intérêts. La première chose à savoir, c'est que ce n'est pas votre faute, et surtout, ce n'est pas une question de volonté.
La volonté est une ressource limitée et coûteuse. On ne peut pas « décider » d'avoir moins faim, ni « décider » que son corps dépense plus d'énergie. Quand un régime repose uniquement sur la discipline, il exige un effort conscient permanent — et cet effort finit toujours par se fatiguer face à des signaux biologiques qui, eux, ne se fatiguent jamais. Vous opposez une décision quotidienne à une pression hormonale continue : sur la durée, la biologie l'emporte presque toujours.
C'est un point essentiel, car la culpabilité est non seulement injuste, mais contre-productive : elle pousse au « tout ou rien », donc à abandonner. La reprise de poids n'est pas un échec moral, c'est une réponse physiologique parfaitement prévisible. Et tout ce qui est prévisible peut s'anticiper. Une fois qu'on comprend ce qui se passe réellement dans le corps, on cesse de lutter contre soi-même pour agir au bon endroit : l'environnement, les habitudes et la composition de l'assiette. C'est exactement le programme de cet article.
Mécanisme 1 : l'adaptation métabolique
Premier ressort de la reprise : après une perte de poids, le corps dépense moins d'énergie — et souvent davantage que ne le justifierait la seule baisse de poids. Ce phénomène porte un nom : la thermogenèse adaptative.
Les travaux de référence de Leibel et coll. (New England Journal of Medicine, 1995) ont mesuré cette « économie » supplémentaire : à poids égal, une personne qui a maigri dépense moins qu'une personne qui n'a jamais été à ce poids. Le corps se comporte comme un moteur qui, ayant connu la disette, apprend à rouler plus économe. Des recherches ultérieures (Rosenbaum et Leibel) ont montré qu'administrer de la leptine — l'hormone des réserves grasses — pouvait atténuer une partie de cette adaptation, signe que la chute de leptine en est un moteur central.
Le cas le plus spectaculaire est celui des participants de l'émission américaine « The Biggest Loser », suivis sur plusieurs années (Fothergill et coll., Obesity, 2016) : leur dépense énergétique de repos est restée abaissée de plusieurs centaines de calories par jour, et ce déficit était encore mesurable six ans après la compétition. C'est un cas extrême, lié à une perte très rapide et très importante, mais il illustre une règle générale : plus la perte est brutale, plus l'adaptation métabolique est forte. Résultat concret : dès qu'on remange normalement, on stocke plus facilement qu'avant le régime, à apport identique. La bonne nouvelle, on le verra, c'est qu'une perte progressive et le maintien du muscle limitent fortement ce phénomène.
Mécanisme 2 : la perte de muscle
Deuxième ressort : une partie de ce qu'on perd pendant un régime rapide n'est pas de la graisse, mais du muscle. C'est un point décisif, car le muscle est le tissu métaboliquement le plus actif : il consomme de l'énergie en permanence, même au repos. En perdre, c'est abaisser durablement le « moteur » qui brûle les calories au quotidien.
Le problème s'aggrave à la reprise. Le corps ne reconstitue pas le muscle et le gras au même rythme : il refait d'abord, et plus vite, du gras. C'est le phénomène de surcompensation grasse décrit par les travaux de Dulloo et coll. sur l'autorégulation de la composition corporelle. Concrètement, on peut revenir exactement à son poids de départ tout en ayant davantage de masse grasse et moins de masse maigre qu'avant : même chiffre sur la balance, mais composition corporelle et métabolisme moins favorables.
D'où l'importance capitale de préserver le muscle pendant toute perte de poids. Deux leviers le permettent : un apport protéique suffisant — de l'ordre de 1,6 g par kilo de poids et par jour selon la méta-analyse de Morton et coll. (British Journal of Sports Medicine, 2018) — et un peu de renforcement musculaire. C'est un sujet que nous détaillons dans notre article dédié à la préservation de la masse musculaire, particulièrement crucial après 50 ans, où le muscle est déjà plus difficile à maintenir.
Mécanisme 3 : le dérèglement hormonal de la faim
Troisième ressort, et sans doute le plus injuste : après une perte, les hormones qui règlent la faim et la satiété se dérèglent durablement en faveur de la reprise. Vous avez objectivement plus faim qu'avant — ce n'est pas une impression.
L'étude de référence sur ce point (Sumithran et coll., New England Journal of Medicine, 2011) a mesuré ces hormones après un amaigrissement : la leptine (satiété) chute, la ghréline (faim) augmente, et plusieurs signaux de satiété intestinaux (PYY, GLP-1, cholecystokinine) diminuent. Le plus frappant : ces modifications étaient toujours présentes un an après la perte de poids. Autrement dit, le corps envoie un signal de faim renforcé pendant des mois, bien après la fin du régime.
Cette découverte change tout sur le plan psychologique : si vous avez l'impression de « lutter contre vous-même » après un régime, c'est littéralement le cas — mais le combat est hormonal, pas moral. La conséquence pratique est claire : plutôt que de résister à cette faim par la seule volonté (peine perdue à long terme), il faut une alimentation qui rassasie réellement, pour que ces signaux soient apaisés plutôt qu'exacerbés. C'est tout l'intérêt des protéines, des fibres et des bons gras, qu'on détaillera plus bas.
Le set point : le corps défend un poids de référence
Ces trois mécanismes convergent vers une idée : le corps régule son poids autour d'une valeur de référence, comme un thermostat. C'est le « set point ». Quand on s'en éloigne en maigrissant, l'organisme déclenche sa riposte — plus de faim, moins de dépense — pour y revenir.
Heureusement, ce point n'est pas gravé dans le marbre. Les chercheurs parlent aujourd'hui plutôt de « point d'équilibre » (settling point) : un poids qui dépend à la fois de la génétique et de l'environnement — alimentation, activité, sommeil, stress. Changer durablement cet environnement déplace le point d'équilibre, mais lentement, et d'autant mieux qu'on ne le force pas brutalement. Le corps défend par ailleurs plus farouchement contre la perte que contre la prise, ce qui explique l'asymétrie décourageante entre la facilité à grossir et la difficulté à maigrir. Nous développons ce point dans l'article dédié au set point pondéral.
La part comportementale : la fin du cadre
À la biologie s'ajoute un facteur très humain, souvent décisif. La plupart des programmes fonctionnent tant qu'on est encadré : un suivi, des produits dédiés, des règles claires, parfois des pesées hebdomadaires. Ce cadre porte la motivation à votre place. Le jour où il s'arrête, on se retrouve seul devant son assiette — sans avoir jamais appris à composer ses repas du quotidien. On revient alors mécaniquement aux habitudes d'avant, celles-là mêmes qui avaient fait prendre le poids.
C'est ici que se joue la différence entre échouer et tenir : l'autonomie. Tant qu'on dépend d'un produit, d'un coach ou d'un comptage, la stabilité est empruntée — elle s'arrête quand le service s'arrête. Le levier le plus puissant, et le plus négligé, consiste à concevoir son environnement pour que le bon choix devienne le choix par défaut.
C'est aussi une affaire d'habitudes. Une habitude se construit sur une boucle simple : un déclencheur, une routine, une récompense. Répétée dans un environnement stable, elle s'automatise et cesse de coûter de l'effort — en deux à trois mois en moyenne. La clé est donc d'organiser sa cuisine et ses courses pour que manger correctement ne demande plus de décision : un placard déjà garni des bons produits, des repas simples qu'on sait faire les yeux fermés. On ne lutte pas contre la faim à la volonté : on aménage le terrain pour ne pas avoir à lutter. La durée de cette transition est détaillée dans combien de temps dure la stabilisation.
Le sommeil : le levier le plus sous-estimé
On parle régime et sport, presque jamais sommeil. C'est une erreur, car le manque de sommeil agit directement sur les mêmes hormones que celles déréglées par les régimes.
Plusieurs études l'ont montré. Spiegel et coll. (Annals of Internal Medicine, 2004) ont observé qu'une restriction de sommeil abaissait la leptine, augmentait la ghréline, et accentuait la faim et l'appétit — en particulier pour les aliments sucrés et riches en glucides. Taheri et coll. (PLoS Medicine, 2004) ont retrouvé, sur une large population, qu'un sommeil court était associé à une leptine plus basse, une ghréline plus haute et un indice de masse corporelle plus élevé.
La traduction concrète est immédiate : quelques nuits trop courtes suffisent à saboter des semaines d'efforts alimentaires, parce qu'elles installent une faim accrue et des envies de sucre le lendemain. Sur le plan de la stabilisation, dormir suffisamment n'est donc pas un « bonus bien-être » : c'est un levier de poids à part entière, au même titre que l'assiette. Soigner ses horaires de coucher, limiter les écrans le soir et la caféine tardive font partie intégrante d'une stratégie de maintien.
Le stress et le cortisol
Le stress chronique est l'autre facteur invisible. En élevant durablement le cortisol, il favorise le stockage des graisses, en particulier au niveau abdominal, et stimule l'appétit — souvent orienté vers des aliments réconfortants, gras et sucrés. S'y ajoute le grignotage émotionnel : manger pour apaiser une tension plutôt que pour répondre à une faim réelle.
Ce mécanisme crée un cercle vicieux : le stress pousse à manger mal, la prise de poids ajoute du stress, et ainsi de suite. Le briser ne passe pas forcément par de grandes mesures : quelques minutes de marche, de respiration ou d'activité qui déconnecte suffisent souvent à faire retomber la pression. Et là encore, une alimentation rassasiante et stable aide : en évitant les montagnes russes de la glycémie, elle stabilise l'énergie et l'humeur, ce qui allège la charge émotionnelle liée à la nourriture.
L'effet yoyo : reprendre plus qu'avant
Quand ces mécanismes se répètent régime après régime, ils s'additionnent. À chaque cycle perte-reprise, le muscle perdu ne revient pas spontanément tandis que le gras, lui, se reconstitue — et plus vite. On peut donc revenir à son poids de départ avec plus de gras, moins de muscle et un métabolisme un peu plus lent. C'est ce qui explique que tant de personnes terminent un cycle plus lourdes qu'au départ, et que chaque régime suivant paraît plus difficile. Ce phénomène est développé dans notre article sur l'effet yoyo.
L'objectif n'est pas de perdre encore. C'est de tenir, sans souffrir, ce que vous avez déjà obtenu — et de sortir définitivement de la logique des cycles.
Le cas de l'arrêt des injections (GLP-1)
Si vous sortez d'un traitement injectable de perte de poids (les analogues du GLP-1), la falaise est la même — souvent plus brutale, car l'appétit, fortement réduit par le traitement, revient d'un coup à l'arrêt. Les mécanismes sont identiques : adaptation métabolique, perte de muscle (parfois marquée sous traitement), retour des habitudes. La différence est la vitesse : la fenêtre pour installer une base alimentaire solide est plus courte, ce qui rend la préparation d'autant plus importante.
Nous avons consacré un guide complet à cette question — alimentation et traitements GLP-1 — ainsi qu'un article dédié à la reprise après l'arrêt. L'enjeu central y est le même que pour tout le monde : protéger le muscle et construire une façon de manger qui rassasie sans le médicament.
Pourquoi les régimes échouent là où une base réussit
Les synthèses scientifiques sont sévères avec les régimes classiques. Une revue marquante (Mann et coll., American Psychologist, 2007) concluait que la majorité des personnes reprennent le poids perdu, voire davantage, dans les années qui suivent un régime. La raison est structurelle : un régime, par définition, a une fin.
Plus intéressant encore : ce n'est pas le type de régime qui détermine le succès. Un essai souvent cité (Dansinger et coll., JAMA, 2005) a comparé quatre régimes populaires très différents : le meilleur prédicteur de la perte de poids à un an n'était pas la méthode, mais le niveau d'adhésion — la capacité à la suivre dans la durée. La leçon est limpide : le meilleur régime est celui qu'on peut tenir, et on ne tient que ce qui reste agréable. C'est pourquoi une façon de manger souple et savoureuse bat, sur la durée, n'importe quel protocole strict mais invivable. Nous développons cette idée dans faut-il faire un régime à vie.
Stabiliser : une base alimentaire, pas un régime de plus
La sortie de ce cycle n'est donc pas une méthode supplémentaire, mais une base alimentaire qu'on peut tenir des années sans y penser, parce qu'elle reste bonne et rassasiante. C'est exactement la logique du low carb méditerranéen : moins de glucides raffinés, plus de bons gras et de protéines, sans renoncer au plaisir de la table.
L'avantage décisif de cette approche est la satiété. En mangeant à sa faim et en limitant les pics de glycémie qui relancent l'appétit deux heures après le repas — un sujet abordé côté glycémie et prédiabète — on calme précisément les signaux de faim qui sabotent les régimes classiques. La stabilisation devient alors possible sans volonté de fer, parce que le corps n'est plus en état d'alerte permanent. Pour la philosophie « plaisir plutôt que privation », voir aussi low carb méditerranéen : plaisir et glucides maîtrisés.
Par où commencer : le placard
Le plus simple, c'est de commencer par le placard — mais pas là où on l'attend. Beaucoup pensent « moins de sucre » et retirent les gâteaux ; ça, tout le monde l'a compris. Ce qu'on réalise moins, c'est que le pain, les pâtes et le riz se comportent comme du sucre dans le corps : leur amidon se transforme rapidement en glucose, provoque un pic de glycémie, puis une fringale deux heures plus tard. Ce sont eux, les vrais leviers du quotidien :
- Le pain : la source de glucides la plus quotidienne, et la plus sous-estimée. Le remplacer par un pain pauvre en glucides change la donne sur une journée entière, dès le petit-déjeuner.
- Les pâtes et le riz : c'est là que nos pâtes réduites en glucides changent tout — à base d'amidon de tapioca résistant, elles affichent environ 10 g de glucides pour 100 g (contre près de 70 g pour des pâtes de blé), tout en étant riches en protéines et source de fibres, avec une vraie texture al dente. Le konjac (pâtes et riz) complète la gamme, pour un effet quasi zéro glucide.
- Le sucre et les produits sucrés : ici, le réflexe est déjà acquis dès qu'on veut perdre du poids — c'est le maillon le plus connu.
- La farine, enfin, pour ceux qui pâtissent : une farine à index glycémique bas permet de continuer à faire gâteaux et pains maison — mais c'est le dernier maillon, pas le premier.
Un réflexe gratuit complète ce changement de placard : l'ordre des aliments. Commencer le repas par les légumes et les protéines, puis les glucides en dernier, réduit nettement le pic de glycémie post-repas (Shukla et coll., Diabetes Care, 2015). Même assiette, même contenu, seul l'ordre change. Pour comparer toutes les options côté féculents, voir par quoi remplacer les pâtes, et la liste des aliments low carb pour les courses.
L'assiette type et les protéines
Une assiette qui tient ne se compte pas en calories : elle se construit autour de quatre composantes. Une source de protéines à chaque repas (le socle de la satiété et du muscle), des légumes à volonté (volume, fibres, micronutriments), de bons gras (huile d'olive, avocat, oléagineux), et des glucides maîtrisés, en version pauvre en glucides quand il s'agit de pain, de pâtes ou de riz.
Les protéines méritent une attention particulière. Selon l'hypothèse de la « priorité protéique » (Simpson et Raubenheimer), l'organisme continue de réclamer à manger tant que son besoin en protéines n'est pas couvert : une assiette trop pauvre en protéines pousse donc à surconsommer le reste, souvent des glucides. Couvrir ce besoin — une source de 25 à 30 g par repas, soit de l'ordre de 1,6 g par kilo et par jour pour préserver le muscle — coupe une grande partie des fringales. Les fibres et les bons gras complètent l'effet rassasiant en ralentissant la digestion et l'absorption des glucides. C'est la composition de l'assiette, pas la restriction, qui fait la satiété. Le concret repas par repas est dans que manger après un régime, et un petit-déjeuner protéiné coupe la fringale de 11 h.
Garder le muscle sans y passer ses journées
L'alimentation ne fait pas tout. Préserver le muscle protège le métabolisme et facilite le maintien — mais cela ne demande pas des heures de sport. Marcher chaque jour et ajouter un peu de renforcement musculaire deux à trois fois par semaine suffit déjà à envoyer au corps le signal de conserver sa masse maigre. Combiné à un apport protéique correct à chaque repas, c'est l'assurance que le poids perdu reste de la graisse, et que la balance ne joue pas contre vous à long terme. Inutile de viser la performance : la régularité prime sur l'intensité, et un effort modéré mais constant bat de loin des séances intenses mais abandonnées au bout d'un mois.
Les deux à trois premières semaines : réintroduire sans rebond
Le moment le plus délicat se situe juste après la fin du régime. La tentation est de « remanger normalement » du jour au lendemain — et c'est exactement ce qui déclenche le rebond, puisque l'appétit est encore vif, le métabolisme encore ralenti et le corps en mode stockage. Mieux vaut envisager une réintroduction progressive sur deux à trois semaines, comme un pont entre la perte et la stabilité.
Concrètement, on remonte d'abord les apports avec ce qui rassasie et protège le muscle — protéines, légumes, bons gras — avant de réintroduire prudemment des glucides, en privilégiant d'emblée leurs versions à faible impact. Plutôt que de revenir aux portions d'avant, on augmente par paliers en observant sa faim réelle, repas après repas. Cette phase n'est pas un mini-régime : c'est là que l'on installe les automatismes qui tiendront ensuite tout seuls. Bien menée, elle évite la bascule classique « fin du régime = retour aux anciennes habitudes » qui explique la grande majorité des reprises.
Comment se suivre sans s'obséder
Un minimum de repères aide à rester sur la bonne trajectoire — à condition que le suivi reste un outil et non une source d'anxiété. Se peser tous les jours expose aux variations normales (eau, sel, cycle) qui n'ont rien à voir avec la graisse et finissent par décourager. Une pesée hebdomadaire, toujours dans les mêmes conditions, donne une tendance bien plus fiable qu'un chiffre quotidien.
Surtout, la balance ne raconte qu'une partie de l'histoire. Puisque la stabilisation se joue dans la composition corporelle, d'autres repères sont au moins aussi parlants : le tour de taille (bon indicateur de la graisse abdominale), la façon dont les vêtements tombent, le niveau d'énergie et la fréquence des fringales. Une personne qui remet du muscle et perd du gras peut voir sa balance stagner alors que sa silhouette et sa forme s'améliorent nettement. L'objectif n'est pas de surveiller un chiffre, mais de vérifier que les habitudes tiennent — et le jour où le poids reste stable sans surveillance étroite, c'est précisément le signe que la stabilisation est réussie.
Les périodes à risque : vacances, fêtes, stress
La reprise ne se joue presque jamais sur le quotidien bien réglé, mais sur les parenthèses : vacances, fêtes de fin d'année, périodes de stress intense, déménagement, changement de rythme. Ce sont des moments où les repères sautent, où le placard maîtrisé disparaît et où la fatigue émotionnelle pousse au grignotage. Les anticiper, c'est déjà les désamorcer.
Quelques principes simples suffisent à traverser ces périodes sans tout remettre en cause. Garder un ou deux repères non négociables (par exemple un petit-déjeuner protéiné et de vrais repas) ancre la journée, même quand le reste dérape. Arriver rassasié aux événements plutôt qu'affamé limite les excès. Et surtout, on distingue le plaisir choisi — un bon repas de fête savouré — du grignotage subi par habitude ou par stress. Une parenthèse festive, sur une base solide le reste du temps, ne remet rien en cause : l'erreur n'est pas l'écart, mais le « tout ou rien » qui transforme une semaine de vacances en abandon complet. On reprend simplement le fil au retour, sans dramatiser ni « compenser » par une nouvelle restriction.
Les signaux d'alerte d'une reprise
La reprise est rarement brutale : elle s'installe par petits glissements qu'on peut repérer tôt. Quelques signaux à surveiller, sans obsession :
- La faim qui revient entre les repas, surtout en milieu de matinée.
- Les portions de pain, pâtes ou riz qui augmentent discrètement.
- Le petit-déjeuner qui redévient sucré et pauvre en protéines.
- Le grignotage du soir, souvent lié à la fatigue ou au stress.
- Les nuits qui raccourcissent.
Repérer un de ces signaux n'a rien de dramatique : c'est au contraire l'occasion d'ajuster avant que le glissement ne s'installe. Souvent, remettre un vrai petit-déjeuner protéiné ou retrouver une nuit complète suffit à reprendre la main.
Votre plan d'action en 6 étapes
Pour transformer tout cela en gestes concrets, voici une trame simple à mettre en place progressivement :
- Refaites votre placard : remplacez pain, pâtes et riz par leurs versions pauvres en glucides, pour que le bon choix soit le choix par défaut.
- Mettez une protéine à chaque repas, en commençant par un petit-déjeuner protéiné plutôt que sucré.
- Changez l'ordre dans l'assiette : légumes et protéines d'abord, glucides ensuite.
- Bougez un peu, régulièrement : marche quotidienne et renforcement deux à trois fois par semaine.
- Protégez votre sommeil : c'est un levier hormonal direct sur la faim.
- Visez la régularité, pas la perfection : un écart se rattrape au repas suivant, sans culpabilité.
Aucune de ces étapes n'exige de la volonté héroïque : elles visent toutes à rendre le bon choix facile et le mauvais choix moins automatique. C'est cette accumulation de petits réglages, et non un nouvel effort de privation, qui fait tenir le poids.
« J'ai arrêté de recommencer un régime tous les six mois. J'ai juste changé ce qu'il y a dans mes placards — et cette fois, ça tient. »
Questions fréquentes
Pourquoi je reprends du poids alors que je mange peu ?
Après une perte rapide, le corps réduit ses dépenses (adaptation métabolique) et l'on a souvent perdu du muscle, le tissu qui brûle le plus d'énergie au repos. À apport égal, on stocke donc plus facilement qu'avant le régime.
Combien de temps mon corps résiste-t-il après un régime ?
Le dérèglement hormonal de la faim persiste au moins un an (Sumithran, 2011), et l'adaptation métabolique peut durer plus longtemps après une perte rapide. Les habitudes, elles, deviennent automatiques en quelques mois : ce sont deux horloges distinctes.
L'effet yoyo est-il inévitable ?
Non. Il devient probable quand on enchaîne des régimes restrictifs sans préserver le muscle ni installer d'habitudes tenables. Une base alimentaire stable et rassasiante permet d'en sortir.
Faut-il faire un régime toute sa vie pour ne pas regrossir ?
Non. Stabiliser n'est pas un régime de plus : c'est une base alimentaire qu'on peut tenir sans y penser, parce qu'elle reste bonne et rassasiante.
Le sommeil influence-t-il vraiment le poids ?
Oui. Le manque de sommeil abaisse la leptine et augmente la ghréline, donc la faim et l'attirance pour le sucre (Spiegel, 2004 ; Taheri, 2004). Bien dormir est un levier de stabilisation à part entière.
Le stress fait-il grossir ?
Le stress chronique élève le cortisol, favorise le stockage abdominal et pousse au grignotage émotionnel. Le gérer (marche, respiration, sommeil) fait partie d'une stratégie de maintien.
Combien de protéines pour préserver le muscle ?
De l'ordre de 1,6 g par kilo de poids et par jour selon la littérature (Morton, 2018), soit une source de 25 à 30 g par repas. Les protéines rassasient et limitent la surconsommation.
Peut-on stabiliser son poids sans accompagnement payant ?
Oui. L'enjeu est l'autonomie alimentaire : savoir composer ses repas du quotidien. C'est précisément ce qu'un programme encadré ne transmet pas toujours.
Comment éviter de reprendre pendant les vacances ou les fêtes ?
Gardez un ou deux repères non négociables (petit-déjeuner protéiné, vrais repas), arrivez rassasié aux événements, et distinguez le plaisir choisi du grignotage subi. Une parenthèse festive sur une base solide ne remet rien en cause : on reprend le fil au retour, sans « compenser ».
Que faire si j'ai déjà commencé à reprendre ?
Reprenez les bases dès maintenant, sans attendre ni culpabiliser : placard, protéines, sommeil. Plus on agit tôt sur les premiers signaux, plus le retour à l'équilibre est simple.
Références : Leibel R.L., Rosenbaum M., Hirsch J., New England Journal of Medicine, 1995. Sumithran P. et coll., New England Journal of Medicine, 2011. Fothergill E. et coll., Obesity, 2016. Morton R.W. et coll., British Journal of Sports Medicine, 2018. Spiegel K. et coll., Annals of Internal Medicine, 2004. Taheri S. et coll., PLoS Medicine, 2004. Shukla A.P. et coll., Diabetes Care, 2015. Mann T. et coll., American Psychologist, 2007. Dansinger M.L. et coll., JAMA, 2005. Travaux de Dulloo A.G. et coll. sur l'autorégulation de la composition corporelle ; hypothèse de la priorité protéique : Simpson S.J. et Raubenheimer D.
Comentarios (0)
No hay comentarios todavía. Sé el primero en comentar.